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La pièce de réemploi : prête à s’imposer ?

La pièce de réemploi : prête à s’imposer ?

Du neuf toujours plus cher, des professionnels plus écolos, des automobilistes plus économes… tout porte à croire que la pièce de réemploi va, dans les années à venir, de plus en plus, s’imposer.  

Petit à petit, la pièce de réemploi fait son nid ! En 2020, elles ont concerné 3 % du total des pièces remplacées et réglées par les assureurs. Et ce ne serait qu’un début ! En effet, elle pourrait gagner du terrain, d’abord du fait que les professionnels sont obligés, depuis le décret de 2017, de proposer à leurs clients des pièces de réemploi et ensuite parce que le prix des pièces neuves ne cesse d’augmenter. « Sur trois ans, l’augmentation moyenne dépasse les 11 % », constate Mathieu Séguran délégué général de Fédération de la Distribution Automobile. Les pièces de réemploi, elles, coûtent en moyenne 70 % moins cher. Le calcul est vite fait.

Plébiscitée par les professionnels

À cela s’ajoute l’enthousiasme de nombreux acteurs qui y voit une manière de rendre la filière plus écoresponsable. « Je suis très attentif à utiliser un maximum de pièces de réemploi», affirme Nicolas Gonnord, gérant de la carrosserie Autonéo NG Carrosserie à Avanton (86), « je préfère réparer que de changer. C’est mon état d’esprit ». Les automobilistes sont quant à eux 87 % à se dire favorables à leur utilisation. (Étude Caréco/Argus).

« Mieux que le recyclage, le réemploi représente la meilleure option écologique de prévention des déchets avec un impact environnemental faible, une empreinte carbone très limitée et une forte économie d’énergie », rappelle Philippe Renaud, directeur général de Caréco France, le réseau de pièces d’occasion. Côté expert même engouement. « On a établi une charte de bonnes pratiques dans laquelle figure le recours à ces pièces », explique Bertrand Lacroix, directeur technique de BCA Expertises, « Nous l’avons signée avec le CNPA, et bientôt avec la FNA ». Les assurances, elles aussi, jouent le jeu. « Tout le monde s’y met », assure Nuno Esteves, responsable des partenariats et expertises automobiles du groupe MACSF, « c’est positif pour tout le monde, pour la maîtrise des coûts, pour l’écologie, pour le plan RSE des entreprises ».

Des mentalités à changer

Des automobilistes frileux

Ainsi d’après Bertrand Lacroix de BCA Expertises, ce 3 % pourrait doubler… à condition bien évidemment que sautent tous les verrous, à commencer par la frilosité des consommateurs. S’ils se disent favorables à leur utilisation, ils ne les pensent pas fiables. « Les gens partent du principe qu’ils paient une assurance, donc ils ne veulent pas de réparation “au rabais” » analyse Bertrand Lacroix « il faut mettre dans leur esprit que la qualité d’un réemploi est la même que du neuf. La pièce est contrôlée, nettoyée, refaite… Il y a une réelle traçabilité par les réseaux de recyclage».

Philippe Renaud, Directeur général de Caréco France de faire le même constat : « Il y a encore un gros travail d’éducation et “d’évangélisation à faire auprès des consommateurs qui ont des réticences en termes de fiabilité”. Un argument de poids pourrait finir de convaincre les automobilistes réfractaires : “à terme il se peut que les assureurs décident d’octroyer une prime ou de diminuer la franchise de moitié du sociétaire qui aura accepté d’avoir recours aux pièces issues de l’économie circulaire”, explique Nuno Esteves.

Des carrossiers réticents 

Certains carrossiers craignent de devoir passer plusieurs heures pour la remettre en état. Ce qui est de moins en moins le cas. Les recycleurs travaillent de plus en plus en amont pour améliorer la qualité des pièces proposées. D’autres sont découragés d’avance à l’idée de fureter sur internet à la recherche de la bonne pièce. Ou craignent les délais de livraison ou les pièces endommagées pendant le transport. Là encore, le secteur du recyclage en pleine transformation répond peu à peu à toutes ces problématiques.

Manque de pièces

Enfin, la disponibilité des pièces peut poser un réel souci. “Nous disposons de 90000 pièces en stock” explique Célia Pasquinelli, responsable communication de GPA, “mais il est vrai qu’il arrive que la demande soit plus forte.” Et Nuno Esteves, responsable des partenariats et expertises automobiles du groupe MACSF d’affirmer “certains assureurs réservent en priorité à la réparation de leurs sociétaires,  les pièces issues de véhicules traités en perte totale cédés à leurs épavistes partenaires.”

Ainsi, une fois les centres de recyclage mieux organisés et les mentalités changées, l’usage de la pièce de réemploi sera davantage systématique.

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